Cinq ans après un premier passage pluvieux au Paléo Festival, la chanteuse française a ramené le soleil sur la plaine de l’Asse dimanche dernier. Retour sur sa venue lors de cette 42ème édition.

C’est à Monic la Mouche qu’Imany fait sa première apparition en toute simplicité à l’occasion de son concert sauvage. Il est 16h30 et les passant.e.s à peine réveillé.e.s se font happer par le timbre envoûtant de la chanteuse et sa pop-folk tant élégante qu’efficace. La chanteuse se rappelle de son dernier concert à Paléo il y a 5 ans et des douze milles parapluies devant lesquels elle avait joué ce soir-là. Ce souvenir pluvieux oublié et cachée derrière ses lunettes de soleil, l’ex-mannequin nous propose un avant-goût de son concert du soir même qui, nous promet-elle, sera la même chose mais « avec plus de boucan ».

Chose promise, chose due. Après une arrivée discrète sur la grande scène du Paléo parmi ses sept musiciens, la chanteuse n’a pas pris longtemps à ensorceler le public souvent dissipé de 18h15. Très vite, sa bonne humeur contagieuse saisit la pleine de l’Asse qui se met à chanter, danser et taper des mains « sans jamais s’arrêter » comme le demande plusieurs fois l’artiste. Elle transformera même ce public en une véritable chorale laissant flotter dans les airs un sentiment quasi religieux.

Si la religion est sans doute l’une de ses inspirations, d’un point de vue musical on pense évidemment à des noms comme ceux de Nina Simone ou encore Tracy Chapman. Sa force contestataire, en revanche, elle la puise dans des personnages tel que Ghandi ou encore Nelson Mandela, à qui elle dédie d’ailleurs la chanson « There Were Tears ». Sous les encouragements du public, elle nous rappelle que ce dernier n’avait rien d’un super-héro et qu’il est du devoir de chacun de s’insurger contre l’inacceptable.

En ce jour de concerts engagés, les programmateurs de Paléo n’aurait pas pu mieux choisir que de laisser Imany se charger de donner le ton en douceur. Elle nous invite entre autre à surpasser notre neutralité légendaire et à s’imaginer une Suisse combattante prête à chanter à tue-tête. Son armée à elle, ce sont ses musiciens, tous vêtus de kaki et qu’elle remercie par un salut militaire. Si l’envoutante Imany et sa musique n’ont évidemment pas suffi à ébranler notre neutralité nationale, il est certain que cette guerrière a conquis la plaine de l’Asse le temps d’un concert.

 

Crédits photo : Boris Soula / Paléo

 

 

 

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